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« Il faut partager la route » Entretien J-Ph. DE VOGELAERE “Le Soir” 20 mai 2008

Wednesday 21 May 2008

La députée-échevine Valérie De Bue y voit une alternative aux problèmes de saturation sur nos routes.

© RENÉ BRENY

Valérie De Bue ne fait pas de moto elle-même, mais cela ne l’empêche pas de défendre la cause des motards au parlement fédéral. © RENÉ BRENY

ENTRETIEN
Elle avoue d’emblée que faire de la moto ne la tente pas, mais qu’en tant qu’échevine de la Mobilité à Nivelles et députée fédérale spécialisée dans les questions d’Infrastructures, elle a pris conscience du danger encouru par les motards sur nos routes. Valérie De Bue a donc soutenu la proposition MR d’autoriser la présence des motos dans les bandes de bus. Un vote doit tomber ce jeudi au parlement fédéral à la suite d’une décision qui est loin d’avoir été prise sur les chapeaux de roues.

D’où part votre constat ?

Tout d’abord de l’augmentation constante des véhicules à deux roues sur nos routes. Le parc des motos est passé de 277.838 unités en 2000 à 359.764 unités en 2006. De plus en plus de personnes envisagent, en effet, cette solution pour les déplacements entre le domicile et leur lieu de travail. Avec, malheureusement comme corollaire, une hausse des accidents de la route pour cette catégorie d’usagers. Bien sûr, des efforts ont été réalisés en termes d’infrastructures pour mieux accueillir les motos sur les routes, mais il nous semblait utile d’aller encore plus loin.

Était-ce une demande
des fédérations concernées ?

Nous avons rencontré des membres de l’Institut belge de la sécurité routière (IBSR) qui semblaient prudents face à la proposition. Le Gracq, qui défend plus les cyclistes, était tout à fait contre pour des questions notamment de qualité de l’air. Les associations de défense des motards étaient, elles, par contre, tout à fait pour. Et ce qui m’a frappé, c’est qu’elles étaient loin d’avoir des vues corporatistes. Au contraire même, elles étaient constructives. Par contre, nous avons accepté que les motocyclettes ne soient pas autorisées sur les bandes de bus, la vitesse de ces engins n’étant pas appropriée pour un tel partage.

Quels sont les avantages d’une telle décision pour les motards ?

Un test a déjà été effectué à Londres. Et l’essai s’est révélé concluant. D’une part pour la sécurité des usagers des deux roues motorisés qui ne sont ainsi plus contraints de remonter les files de voitures dans les embouteillages. D’autre part pour la fluidité du trafic. La disposition existe déjà pour les taxis, nous demandons donc de l’étendre aux motos. Pour moi, il faut partager la route.

Difficile d’imaginer cette
solution en Brabant wallon
…
Pour l’instant en effet. Mais dans le cadre du Réseau Express Régional (RER), certaines communes envisagent la création de bandes réservées aux bus. De plus, sur l’autoroute E411, la bande d’arrêt d’urgence, déjà utilisée par le Conforto, pourrait évidemment servir pour les motos. Rappelons cependant que la loi permettra cette possibilité, mais qu’il faudra une décision au cas par cas.

D’autres idées pour aider
les deux roues motorisées ?

Nous aimerions baisser la TVA de 25 % à 6 % sur les stages de conduite ou l’équipement, mais ce sera au gouvernement de voir si c’est possible au niveau européen. Nous aimerions un aménagement du régime d’indemnisation des usagers de la route les plus vulnérables, afin de considérer les conducteurs de cyclomoteurs et de motocyclettes comme usagers plus faibles que les motards, eux-mêmes plus faibles que les conducteurs automobiles. Cela doit être discuté en commission de l’Économie de la Chambre. Il est encore question d’immatriculer les cyclomoteurs et les quadricycles à moteur. Il y a accord sur ce point et on attend que la DIV puisse s’y atteler.